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Le chat du comté du Cheshire, ou comment l'on apprit que les moutons pouvaient voler [Alcinoas Bleret]
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Lun 26 Oct - 17:16

Une clairière comme une autre, un chemin de ronces, l'herbe grasse, puis plus rien. Plus rien de tout ça. Le chemin s'ouvrait sur un endroit tout autre. Les troncs gigantesques disparurent, laissant la place à des arbres de taille normal, et au feuillage taillé à la perfection. Les ronces cédèrent le pas à des rosiers impressionnants, certains portant des fleurs à la fois blanches et rouges. Le gazouillis léger des oiseaux s'aigrit, devint plus aigu, plus strident, vrillant les tympans. Des champignons aux couleurs improbables semblaient pousser à vue d'oeil, et se développer à vitesse accélérée entre les touffes d'herbe, ponctuant la masse unifiée de la pelouse de taches violette, rouges, orange ou bleues. Et au loin semblait pointer le toit aux formes ridicules d'un château. La forêt était devenue folle. La raison n'avait déjà plus cours, et l'esprit commençait à s'effacer.

Nemo courrait comme un dément au milieu des fleurs gigantesques aux pétales roses, sautait par-dessus les racines énormes qui surgissaient du sol vallonné, chassait de gestes nerveux les quelques moucherons qui venaient lui susurrer des poèmes d'amour aux oreilles.

"C'est ..."

Le chemin s'estompait.

"Quoi ..."

Il déboucha dans une vaste clairière.

"Ce ..."

Il aperçut les moutons.

"Bordel ?!"

Et les moutons s'envolèrent.

"Bon. Ok. Calmons nos esprits. C'est sans doute la chaleur. J'ai dû manger une racine pas fraîche, ou quelque chose comme ça."

Un mouton se posa à côté de lui, et commença à parler tout en broutant tranquillement:

"Restez en paix, valeureux chevalier. Vous êtes ici dans votre domaine.

-Vraiment ? C'est drôlement réaliste pour un rêve. Ou une hallucination.

-Cette prairie est vraie, comme moi-même je suis vraie, bien que je ne sois qu'une noble dame. Je fus chassée de mon pré natal par une révolte de prolétaires ...

-Oh, je vois. La lutte des classes, tout ça ...

-En effet, ces problèmes ravagent notre peuple, aussi nous ne nous déplaçons plus qu'en groupes de gens de confiance ... Je suis Dame Gaménile, héritière du pâturage des Vallons.

-D'accord. Ca va vraiment loin, là.

-Beaucoup de gens sont dans la même confusion d'esprit quand ils pénètrent en ces lieux. Mais n'ayez crainte, et croyez moi, tout ceci est bien vrai.

-Enfin, regardez-vous ! Vous êtes un mouton et vous vous proclamez Dame ? Non pas que vous n'ayez pas la carrure d'une vraie Dame, mais vous avez un peu trop de fourrure pour le rôle ! Alors s'il vous plaît, laissez-moi halluciner en paix.

-Soit, vos manières ne vous vaudront que mon mépris, mécréant. Je ne vous dis pas adieu ! Au revoir !"

Là dessus, elle reprit son vol, rejoignant la troupe aérienne de ses congénères laineux. Nemo se laissa tomber sur l'herbe, parcourant les environs de son regard qui se faisait désabusé. Et il ne tarda pas à rencontrer un nouvel élément insolite. D'un pas nonchalant s'approchait maintenant de lui un chat. En costume. Et avec une classe monumentale.


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Dim 1 Nov - 13:28
Le portail violet s'ouvrit et Alcinoas s'étala de tout son long dans l'herbe haute qui s'étendait dans tout le sous-bois. L'humanité avait un prix et c'était celui de ne pas toujours retomber sur ses pattes... Il se redressa, ramassa son chapeau qui avait quitté la garde de ses oreilles touffues, réajusta son monocle, bien qu'il était bon de noter qu'il n'avait aucuns problèmes de vision ne serait ce de jour comme de nuit, et épousseta sa redingote pourpre. Lors de cette dernière action de l'entretien général de sa tenue, il remarqua qu'une tâche verte, certainement due à l'herbe humide s'y était invitée. Il plissa les yeux de contrariété et enleva sa veste pour entreprendre de la nettoyer. Après quelques minutes d'inefficacité, le Gentlecat se rendit à l'évidence que simplement frotter ne devrait pas suffire à rendre son vêtement comme neuf. Il se leva, le riche tissus dans la patte et se mit en quête d'une rivière. Il observa avec attention autours de lui: des arbres et rien que des arbres.

> Mais où est-ce que je suis?

Et en effet, il ne s'agissait pas vraiment de la destination souhaitée qui aurait été Coast City. La raison d'une telle méprise? Le mage responsable de la téléportation à Mammon's Market avait mystérieusement disparu de la circulation. Pouf. Comme ça. Du jour au lendemain. Alcinoas, devant la situation de crise qui s'était immédiatement déclarée au sein de la guilde, avait du agir en conséquence et avait donc trouvé un remplaçant en la personne de Kurt, un jeune mage débutant qu'il avait recruté par le biais d'un forum de la Magie quelconque justement à Coast City. Bien que son parcours ne soit guère impressionnant, le chat avait mis ça sur le compte de sa jeunesse, devant l’enthousiasme du garçon il avait donc décidé de lui accorder une période d'essai, non rémunérée bien entendu, au sein de son organisation. Bien mal lui en prit le premier test du novice s'étant avéré être sur l'Aristochat et ayant visiblement résulter à une téléportation ratée, dont il en était maintenant victime. Alcinoas connaissait parfaitement la région où il avait été sensé être transporté et il ne se souvenait pas d'un tel bois et d'une telle étendue de verdure dans un rayon d'au moins une centaine de kilomètre de la ville. En bref, il aurait une brève discussion avec Kurt à son retour, résultant d'un remerciement de ce dernier et une obligation de dommages et intérêt à son encontre.

Après une bonne heure de marche à travers un paysage aussi changeant que l'humeur du chat, il pu accéder à un cours d'eau tout à fait limpide. Un lieu paisible où les oiseaux chantaient et où une chenille fumait tranquillement un long narguilé...UNE CHENILLE AVEC UN NARGUILE? Alcinoas, bien qu'il fut surpris d'une telle apparition au bord de sa rivière, s’éclaircit poliment la gorge afin de signaler sa présence malgré le fait que l'insecte semblait complètement absorber par les ronds colorés de fumée qui s'élevaient dans les airs.

> Excusez-moi sauriez vous où je me trouve? J'ai bien peur que je ne sois l'objet d'une erreur humaine.

Un rond de fumée rouge parvint dans sa direction, l'entourant avec délicatesse. Une odeur de fraise parvint aux narines délicates du maître de guilde et une voix rauque, abîmée certainement par de nombreuses années de fumette ininterrompues.

> Au Nord, au sud, à l'est ou peut-être à l'ouest. Tu es où tu décide d'être. Cherche le royaume de la princesse Artichaut et tu te rendras compte que ce que tu désire ne se trouve pas dans ton cœur mais dans celui des moutons volants.

La tirade fut accompagnée par un immense nuage de fumée qui donna un air mystique à la scène quand celui-ci se volatilisa enfin, la chenille avait disparue et la veste d'Alcinoas avait été complètement nettoyée. Un mystère. Le chat se pinça afin de savoir s'il n'était pas en train de rêver: sans grand succès. Il haussa les épaules et se remit en route.

> Après tout, la journée ne peut pas être plus bizarre.

Le décor changea de nouveau soudainement, sans aucune transition et il se retrouva bientôt dans une vallée aux immenses rosiers en fleurs et au loin un château semblait flotter dans le ciel. D'un air las il continua son chemin, regardant les moutons s'éloignés dans le ciel bleu en direction de la bâtisse. Les paroles de la chenille lui revinrent et il se dit qu'il n'avait rien de mieux à faire que de suivre les animaux ailés. Il arriva bientôt au lieu de là où ils s'étaient envolés, un homme se trouvait dans l'herbe, bien qu'il n'avait rien d'étrange l'Aristochat s'approcha de lui avec prudence.

> Bonsoir mon brave, la chenille m'a dit que je devais trouver des moutons volants afin de sortir de ce pays utopique. Auriez vous la gentillesse de m'indiquer le chemin pour accéder à ce château? À moins que vous ne soyez comme moi, perdu dans ce délire psychotique. Dans ce cas je vous rassure tout de suite je n'ai aucune idée d'où nous sommes.
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Lun 9 Nov - 18:41

Nemo regarda d'un oeil désabusé le petit félin qui s'approchait de lui d'un pas gracile et léger. Après ce qu'il avait croisé sur son chemin, des champignons géants aux moutons volants, il considérait qu'il avait épuisé son quota d'étonnement pour la journée. Il resta donc impassible quand le chat arriva devant lui, et lui adressa la parole. D'une oreille distraite, il écouta ses paroles. Une chenille ... Moui, c'est une idée. A côté des moutons volants, elle semblait aller de paire. Ce devait être une mode chez les animaux, en ce moment: tous se sentaient obligés de l'ouvrir. Peut être un besoin soudain de faire connaître leur position sur leur propre cause ? Ou voulaient-ils se rebeller et prendre le pouvoir à travers tout le pays, et ainsi mettre à bas des siècles de dictature des humains ? Etait-ce là le péril auquel devait s'attendre la race des hommes, qui se croyait si invincible et si dominante en comparaison de ceux qui broutaient ses prés verdoyants ? Ce scénario ne manquait certes pas d'intérêt, et Nemo le garda dans un coin de son esprit, pour un instant du moins, avant de reporter son attention sur son "interlocuteur".

"Un chat ... Pourquoi pas. Vous faites aussi partie du complot des animaux parlants ? Vous devriez ouvrir un cirque, vous feriez fureur. Un numéro de trapéziste accroché aux pattes de moutons volants sous un chapiteau rouge et or ... En voilà une bonne idée ..."

A vrai dire, il trouvait véritablement son idée bonne. Il ne savait pourquoi, et ne s'en rendait d'ailleurs pas compte, mais cet espèce de monde parallèle produisait sur lui un effet étrange. Son esprit semblait s'alléger, et se vider de toute conception de mœurs ou de restrictions. La liberté prenait de l'ampleur dans son âme, et réduisait à néant chacun de ses préceptes. Et elle lui procurait une douce sensation de rêverie, alors que dans son esprit défilaient en boucle les images merveilleuses d'un cirque où les animaux seraient seuls maîtres.

"Oui, ce s'rait formidable ! Quelle belle entreprise que celle-ci. D'abord, le monsieur-loyal, ce serait vous, avec votre bel habit bien coquet. Vous annonceriez les numéros les uns après les autres, en commençant par les trapézistes volants. Un ciel parsemé de moutons, pour se figurer les nuages, qui effectueraient à l'unisson un ballet céleste comme on en voit rarement. Après, ce serait le tour du funambule. Voyons ... Ce serait un chien. Un gros chien, mais avec de l'élégance comme on en montre en société. Il marcherait sur un fil, tissé à l'instant par une myriade de petites araignées chantantes déclamant des vers des plus grands poètes, sur la musique de l'orchestre. Ceux-là, ce seraient tout simplement des animaux de basse-cour. N'importe lesquels, du moment qu'ils aient un peu de tenue et de savoir-faire en matière de musique. Après ça viendrait un numéro équestre, mais sans humain. J'aime trop les bêtes pour en voir une servir de support à une bête personne. Non, ce serait simplement un numéro dans lequel la monture ferait des tours le long de la scène, et montrerait la simple beauté de ses pas. Comme ce serait charmant ... Et puis, à la fin, un numéro de clown. Là, il faut quelque chose de spectaculaire. Plusieurs clowns, disons deux: un chien et un chat, mais plus grand que vous, le chat. Ils se feraient de gentilles méchancetés, et se taquineraient, et le public applaudirait à tout rompre ! Et tous les artistes viendraient saluer dans leurs beaux habits rouges. Comme ce serait bien. Quel belle entreprise ..."

Cette idée plongeait Nemo dans une félicité à toute épreuve. Il se sentait de plus en plus envahit par ce sentiment de liberté, et son esprit se relâchait encore. Bientôt, il ne fut plus envahi que par la légèreté, si bien qu'il sentit ses pensées quitter son corps, et s'élever dans les airs. Il était un oiseau, désormais. Un oiseau libre, si léger, dénué de tous sens des responsabilités ... Il n'avait plus qu'à s'envoler, et rejoindre ces moutons qui planaient là-bas, si loin et pourtant si proches.

Et c'est ce qu'il fit. D'un geste leste, il quitta le sol, lentement, et dériva dans les airs à la suite des ovins célestes.


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